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Huile de lin ou huile de noix ?

Publié le par Eudeline

Ceux qui ont répondu huile d'olive peuvent sortir, on ne plaisante pas avec ça... Non mais!

    Et pourquoi pas l'huile de tournesol tant qu'on y est ! Il ne s'agit pas de vinaigrette mais bien du type d'huile employé en peinture à l'huile pour les beaux arts. Car si on l'appelle peinture à l'huile c'est qu'elle est à base d'huile et pour la fabriquer sois même il faut savoir laquelle utiliser. Voici ce que dis J.-F.-L. Mérimée (1757-1836)  à ce propos, les huiles "...naturellement siccatives, peuvent, avec le temps, devenir solides comme les résines les plus sèches : telles sont les huiles de lin, de noix et de pavot, employées dans la peinture, à cause de leur qualité siccative."(1)

    Parmi toutes les huiles Mérimée en propose trois dont les propriétés correspondent aux besoins du peintre même s'il n'exclu pas que d'autres huiles (par exemple l'huile de carthame, d'oeillette,bouteille d'huile de ricin...) peuvent être employées, néanmoins, ces trois là sont les plus fréquemment citées par les techniciens de la peinture à l'huile.

Chaque huile à donc ses caractéristiques propres ce qui en détermine leur utilisation.

    L'huile doit apporter à la peinture sa texture (viscosité), sa solidité à la lumière (entre autre le jaunissement) et surtout sa siccativité. Les huiles sont toutes assez proche au niveau de leur texture, diffèrent un peu pour la solidité face à la lumière et sont totalement différentes quant à leur siccativité. C'est donc ce dernier point qui détermine l'emploi d'une huile face à une autre.

Qu'est ce que la siccativité?

    C'est le "séchage" de l'huile, mais le mot séchage est impropre puisqu'il implique une évaporation, or il ne se produit pas d'évaporation lorsque l'huile passe de l'état liquide à celui de solide, mais une oxydation de l'huile avec l'air. C'est donc [...] 
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Sandy 29/05/2013 10:25


Et bien, j'ai lu tous les articles de votre site.


Je crois bien avoir vu dans l'un de vos articles que votre huile de noix est cuite. Donc, je pense que nous sommes d'accord. J'y ai vu aussi des dessins très sympa.


Je continues à penser qu'il est bien dommage que vous ayez arrêté votre blog.


 


Sandy

Sandy 28/05/2013 08:43


Bonjour,


Je suis arrivée sur votre blog en essayant de me renseigner sur des tutoriels d'illustrateurs travaillant à l'huile. En effet, vous n'êtes pas nombreux et Google a essayé à maintes reprises de
m'indiquer plutôt : tutorial illustrator Photoshop ! Grr... Enfin, passons.


J'ai à peine commencé à lire votre blog, mais je vais lire tous vos articles car ils me semblent très intéressants. Je suis d'ailleurs étonnée de voir un illustrateur utiliser de l'huile de noix,
et non du Liquin, mais peut être l'utilisez-vous uniquement pour des tableaux ?


Je voudrais juste signaler que Claude Yvel utilise de l'huile de noix cuite. D'après mes différentes recherches sur le net, il semble qu'elle n'est d'ailleurs utilisée que cuite. Je me permet de
vous mettre le lien vers l'un de mes
articles sur l'huile des tubes de peinture (et non du médium à peindre). tout avis est le bien venu.


Je m'en vais donc lire les autres articles de votre site et je trouve bien dommage que vous ne l'ayez pas continué.


Donc, au plaisir de vous lire.


Sandy.


 

JMB 29/09/2009 10:04


"Ceux qui ont répondu huile d'olive peuvent sortir, on ne plaisante pas avec ça... Non mais!

Et pourquoi pas l'huile de tournesol tant qu'on y est ! Il ne s'agit pas de vinaigrette mais bien du type d'huile employé en peinture à l'huile pour les beaux arts."

Avec tout le respect que je vous dois, je me permets de vous dire que votre humour est vraiment déplacé mon cher Eudeline.

En effet, cela fait soixante dix ans que je me sers de l'huile d'hélianthe (tournesol) cuite et que j’applique en peinture d'art comme bien de mes coreligionnaires peintres des Pays de l'Est.
Je pense qu'il ne vous ait jamais venu à l'idée de laver votre huile de noix qui jaunit moins que celle de lin ? Hé oui, une fois lavée et éclaircie au soleil, elle devient claire comme l'eau et
sera stable dans le temps (pratique des peintres du nord, flamands et russes). C’est ce que je fais avec l’huile d’hélianthe qui donne éclat et profondeur de tons et elle est très siccative.
L’huile d’olive vous donnera une certaine longévité à vos pinceaux qu’ils soient de martre ou synthétiques. Laissez-les tremper au ras de la hampe dans un pincelier contenant l’huile d’olive.
L’huile de pépins de raisins a aussi d’autres vertus en peinture d’art. . .

JMB


Eudeline 29/09/2009 10:08


Voici le genre de message que je suis toujours surpris de recevoir; est-il bien veillant ou "polémiqueur" ? Notre échange aurait pu être un article que j'aurais nommé
"A chacun sa sauce..." ou "Quelle salade pour un peu d'huile!"
Il est en tous les cas très intéressant et je suis honoré par l'intérêt de votre missive, cependant je tiens à mettre au point plusieurs choses.

D'abord cette première phrase :

"Avec tout le respect que je vous dois, je me permets de vous dire que votre humour est vraiment déplacé mon cher
Eudeline."

   Etant dans ce blog, chez moi,  je décide du bon ou mauvais placement de mon humour même si je vous permets bien évidement de ne pas l'apprécier.
Cette blague était une accroche de début d'article et un clin d'oeil aux artistes du début du siècle qui appelaient le mélange huile + essence "la
sauce". Clin d'oeil repris dans le titre du troisième paragraphe : "Quelle huile pour ma sauce?". C'est aussi une continuité du précédent article "Fabriquer sa peinture..." où je compare les recettes de cuisine aux procédés de fabrication de la peinture... Je la trouve donc
bien placée...

   En revanche , la seconde partie de votre message me réjouie puisque c'est le but de mes articles que de générer un échange à ce sujet. Je tiens quand même
à préciser que je me positionne dans une démarche de recherche et de questionnement dans le domaine en m'appuyant sur l'expérience et les écrits de mes ainés; je souhaite sensibiliser les artistes
(ou non artistes) à la maîtrise de l'élaboration de leur "médium" (médium, au sens large, c'est à dire huile, gouache, etc)
sans pour autant privilégier telle recette ou telle technique...

Je suis donc au courant de l'utilisation de l'huile de tournesol en peinture que vous appelez huile d'hélianthe (puisqu'elle provient des graines Helianthus annuus), mais dans mon article je ne l'ai pas citée pour deux raisons :

- J'ai souhaité traiter des huiles utilisées depuis les débuts supposés de la peinture à l'huile, et cela en réaction aux analyses effectuées sur les fresques de
Bamiyan datant du Ve au IXe siècle à la lumière des textes occidentaux du XVIe s. traitants de recettes
peinture à l'huile; or il n'est pas question d'huile de tournesol pour la bonne et simple raison que le tournesol a été introduit de l'amérique vers l'Europe seulement au milieu du XVIe siècle et
que c'est au XVIIIe que l'on commence à en tirer de l'huile, avant cela, le tournesol est une plante d'ornementation... Donc pas d'huile de tournesol dans les peintures de Rembrandt, par exemple,
mais bien de l"huile de lin comme le confirme d'ailleurs, des analyses de laboratoires contemporains...

- La deuxième raison était pour moi de confronter les arguments et/ou recherches des différents auteurs sur la technique de l'huile qui donne tantôt la prédominence à
l'huile de lin, tantôt à l'huile de noix... Je n'ai pas d'avis tranché sur la question, j'utilise les deux et tente de déceler celle qui me convient. Dans cette confrontation je trouvais
intéressant d'aborder la notion de siccativité qui est peu connue (même des peintres) et qui est pourtant capitale à mon sens.
   Comme vous le savez les huiles sont divisées en quatre groupes : les huiles empyreumatiques, les huiles animales, les huiles fixes et les huiles
minérales. L'huile de tournesol (comme l'huile de lin ou de noix) fait partie des huiles fixes qui sont elles mêmes divisées en quatre catégories : les huiles siccatives non volatiles (huiles de
lin, de noix et de pavot), les huiles semi siccatives et semi volatiles, les huiles semi siccatives non volatiles (huile d'olives et de tournesol), et enfin les huiles non siccatives et non
volatiles. Or comme mon article avait pour sujet la siccativité voici pourquoi j'ai écarté l'huile de tournesol qui est semi siccative et non très siccative (selon ses propriétés
intrinsèques).

"Je pense qu'il ne vous ait jamais venu à l'idée de laver votre huile de noix qui jaunit moins que celle de lin ? Hé oui, une fois
lavée et éclaircie au soleil, elle devient claire comme l'eau et sera stable dans le temps (pratique des peintres du nord, flamands et russes)."

   Voici une question qui me déroute, ce n'est pas à partir de ce simple article que vous pouvez conclure de ce qui me vient à l'idée ou non... Mon article
est truffé de références à divers textes, ce qui montre, je pense, un effort de documentation d'une part et d'autre part une preuve que mes recherches s'appuient sur des expériences et faits
avérés. Je ne pense pas avoir rédigé un texte de charlatan même si j'ai dû me tromper parfois.

   J'ai toujours considéré l'huile clarifiée et ensoleillée plus utile pour l'élaboration de vernis gras, non par goût personnel mais d'après les conseils
promulgués dans divers traités de peinture ancien, ce qui est d'ailleurs la pratique de beaucoup de peintres russes (comme vous l'avez mentionné) des années 1900 qui utilisaient l'huile de
tournesol aussi pour la peinture d'icônes.
   En ce qui concerne l'huile de broyage et/ou "l'huile en sauce" je suis un
inconditionnel de l'huile cuite à la litharge comme les flamands du XVIe siècle. Je pense que si vous voulez bien m'indiquer votre recette, je la testerai sans nul doute. Je suis ouvert à toutes
les recettes comme je vous l'ai dis plus haut.

   "C’est ce que je fais avec l’huile d’hélianthe qui donne éclat et profondeur de tons et elle est très siccative."
   De même que les auteurs employant soit l'huile de lin soit de noix, vous entrez en contradiction avec François Perego qui dit au sujet de
l'huile de tournesol : "Huile semi-siccative, elle sèche lentement, moins vite que l'huile d'oeillette. Le film est mou, gommeux, voire poisseux, médiocre. En
revanche, il ne jaunit pas dans de bonnes conditions de siccativation."
    Voyez vous, il n'est pas question ici de remettre en cause les dires de untel ou untel (vos soixante dix ans de pratique plaide plutôt pour
vous, bravo d'ailleurs), mais c'est là que pour moi la discussion devient intéressante et enrichissante et voilà le but de mes articles. Evidement je pense que votre lavage et ensoleillement ne
sont pas étranger à votre résultat; vous avez modifié les caractéristiques de l'huile et je me demande si le soleil du nord n'a pas un rôle dans tous cela... Mais comme je ne connais pas les détails de votre recette, je ne peux en dire plus.
"L’huile d’olive vous donnera une certaine longévité à vos pinceaux qu’ils soient de martre ou synthétiques. Laissez-les
tremper au ras de la hampe dans un pincelier contenant l’huile d’olive."

   Je ne laisse jamais mes pinceaux à tremper de peur de perdre leur fleur, par contre je sais que les anciens protégeaient les pinceaux sales avec l'huile
d'olive qui évitait à la peinture de sécher entre les poils, mais pour conserver mes pinceaux rien de tel qu'un bon lavage au savon de marseille... L'huile d'olive je la laisse pour la salade,
c'est ma préférée...

"L’huile de pépins de raisins a aussi d’autres vertus en peinture d’art. . ."

   Je suis curieux de les connaître... Elle fait partie des huiles semi siccative, donc je doute que vous l'utilisez dans cet état, n'hésitez pas à
intervenir sur le sujet...

Merci pour vos précisions, il est vrai qu'avec un trait d'humour j'ai peut-être fait penser que les huiles de tournesol et d'olive ne servaient à rien en peinture, le
doute est maintenant levé, grâce à vous. J'attends avec impatience vos recettes de "sauces" soit par mails soit par le biais
des commentaires...


                                 
Christophe Eudeline.