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Ma technique (4), tableau à l'huile.

   Voici une démonstration de la conduite d'un tableau, pas à pas, un peu à la manière du magazine "Pratique des Arts" ou "plaisir de peindre", ce n'est pas un cours ou une leçon mais la réponse à la fréquente question : "Mais comment tu fais ça ?". Je montre donc ma manière de faire sans prétendre que c'est LA manière mais en tous cas ma manière.

   J'espère aussi répondre aux internautes qui tapent frénétiquement sur Google "Comment peindre à l'huile ?", "Comment peindre un faux bois ou un faux marbre ?", "Comment faire un glacis ?" et qui tombent invariablement sur un vieux forum même plus à jour où beaucoup avant eux se sont échoués pour tomber devant cette même question sans réponse...

   Ce "step by step" sera l'occasion de montrer la progression d'un faux bois de type sapin, la transparence d'un verre à pied et d'une pomme.

Mon matériel :


- Un carton entoilé que j'ai préparé au "Gesso".
- Un porte-mine pour le dessin.
- De l'essence de térenthine, de l'huile de lin cuite, un godet en métal, une palette, etc.
- Des tubes de peinture à l'huile, terre d'ombre naturelle, terre de Sienne naturelle, terre de Sienne calcinée, jaune de Naples, Rouge Vénitien, rouge de cadmium foncé, terre verte, jaune cadmium clair, blanc de Titane.
- Une brosse plate en martre n°10, une petite brosse plate en martre n°2, un pinceau fin en martre n°1, un pinceau usé-bombé n°8 et un pinceau en poil de blaireau ou de chameau.
- Du bois, un verre à pied et une pomme...

L'imitation du "faux bois"


   Sur une toile marouflée (30 x 40 cm) sur carton et correctement préparée au "Gesso", je dessine ma composition à la mine graphite.

Dessin au trait du faux bois et des objets sur la toile
   La composition est simple, une pomme et un verre à pied, avec le fond en faux bois, lorsque les objets sont plus compliqués à dessiner je les esquisse sur une feuille à part et lorsque j'en suis satisfait je les décalque sur ma toile.

Couleurs sur la palette.


   Sur la palette, terre de Sienne naturelle, jaune  de Naple, et une pointe de blanc que je mélange au couteau pour obtenir un ocre jaune très clair.




   Avec une brosse en martre chargée d'essence de térébenthine je pose cette teinte en brossant dans le sens du bois.





Début du faux bois
   En passant cette première couche, je m'applique à suivre les méandres du bois et la direction des planches, je commence par celle du milieu, ensuite la traverse en haut et enfin les montants de chaque coté.

Première couche du faux bois.
Deuxième couche du faux bois.

























   Je laisse "tirer la peinture", c'est à dire qu'elle amorce sa phase de "séchage" (siccativation); avec les mêmes teintes auquelles j'ai ajoutées de l'huile cuite, je repasse le même glacis en fondant bien les teintes.

Peignant le faux bois.

   Je laisse à nouveau "tirer", sur ma palette je prépare des teintes plus soutenue à base de terre de Sienne naturelle et de Sienne calcinée et je rajoute une bonne dose d'huile. Avec ces couleurs "je monte la ronce" c'est à dire que je peins les nervures du bois à l'aide d'un pinceau fin en martre. Je suis mon dessin légèrement visible sous les couches de glacis.

Montant la ronce du faux bois.
   Je pose les touches jusqu'à ne plus avoir de charge afin d'obtenir différentes nuances.

Montant la ronce du faux bois (suite)
Evolution du faux bois


























   Le bois prend forme petit à petit.


faux bois

Peindre un verre à pied :


   Mes traits de crayon sont encore bien visible et je vais m'en servir pour peindre les reflets du verre; je prépare un glacis de blanc allongé à l'huile, le glacis est ici très visqueux et forme un léger relief qui va s'atténuer lorsque l'huile va siccativer (sécher). Pour se faire j'utilise mon fidéle pinceau fin en martre.

peignant les reflets
début des reflets



















   Ici, mes traits sont volontairement plus clair que sur mon modèle, je poserai les reflets blancs purs sur cette première couche, une fois "séche".

peinture du verre

   Je monte donc les valeurs de blancs petit à petit.

les reflets
   A ce stade, je ne touche plus le verre pour le laisser complétement sécher, et je m'attaque a la pomme.


Peindre une pomme :

    Voici mes couleurs sur la palette avec mes différents mélanges.

    De haut en bas : Blanc de Titane, jaune de cadmium clair, rouge de cadmium foncé, rouge Vénitien, terre verte.


    Ici, je prépare des mélanges de base  constituants les tonalités dominantes de la pomme, puis au fur et à mesure les mélanges se font directement à la brosse sur la palette par petites touches. 



































   Avec la brosse n°2, je pose les différentes teintes que j'ai préalabrement préparées et je donne aux touches la forme du volume de la pomme.
    Les touches se juxtaposent pour le moment, une fois la pomme entièrement peinte, je fonds les touches entre elles.

 


    Avec un pinceau fin et pointu, je retravaille les détails, j'ajoute des nuances dans les différentes plages de couleurs et je peins les petites tâches de la peau de cette pomme. J'en profite pour mieux fondre les teintes entre elles comme le jaune et le rouge.


   Petit à petit la pomme pend forme... En mélangeant la terre verte et le rouge de cadmium j'obtiens un marron pour la queue de la pomme, je vais maintenant la laisser sécher et je m'attaque au pied du verre.


   Pour les reflets, c'est facile il suffit de faire comme le modéle, hé hé...

    Avec un pinceau fin je m'applique à poser les reflets et les ombres à leur place. La pomme se refléte légèrement dans le verre en bas à gauche...

Glacis sur faux bois
   Avec un pinceau usé-bombé n°8 je passe un léger glacis à base de terre d'ombre naturelle pour "repousser le fond", ce glacis a l'avantage "d'unifier" le bois et de donner du contraste aux objets de premiers plans.
    Cette étape n'est pas toujours nécessaire, c'est un réglage qui se fait au cours de l'élaboration de l'oeuvre... Je prends garde de ne pas effacer mes premières touches du faux bois.

peignant soltrompe l'oeil















   Avec un mélange de terre d'ombre naturelle et de terre de Sienne calcinée, je peins le socle où sont posés les objets. J'utilise ma brosse plate n°10 en placant les endroits clairs et les endroits foncés.
Adoucie à la brosse
   Ensuite avec un pinceau à poil doux je fonds les touches afin d'obtenir une teinte homogène.
Fond
   Avec un pinceau fin je précise les limites que les brosses ne peuvent approcher sans déborder...



   Ensuite je reprends la base du verre à pied pour travailler les reflets.
Reflets de la flute
   J' ai choisi pour modèle une flûte dont le pied est jaune, c'est une difficulté suplémentaire... Il faut rendre au mieux ce verre jaune qui se mêle aux autres nuances du fond.

   Il n'y a pas d'autres moyens que de reproduire patiemment ce que j'ai devant les yeux...

   J'en profite pour contraster les reflets blancs du verre.

  J'en suis donc à la troisième couches de blanc, il vaut mieux plusieurs couches fines de glacis qu'une seule opaque. Les multiples couches s'enrichissent rendant la teinte plus lumineuse.

   Je passe un très léger glacis de sienne naturelle sur le faux bois pour le rendre plus orangé et moins froid; c'est une question de goût et j'aurais pu lui laisser cette tonalité verdâtre.

   A ce stade, il ne reste plus qu'à travailler le sol avec un léger glacis de sienne calcinée.








Huile sur toile marouflée - 30 x 40 cm - 2009 - Réalisation : Christophe Eudeline.